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Arts & Culture

L’art du céramiste – potier

On imagine souvent le céramiste ou potier (deux mots équivalents) comme un artisan malaxant la terre tel un boulanger avec sa pâte à pain, faisant vivre un art manuel ancestral, répétant des gestes simples pour accomplir une tâche simple : fabriquer un pot. Beaucoup s’intéressent à la poterie dans une quête de retour aux traditions. Le fameux « retour à la terre ». Une expression ici parfaitement adaptée !

Pourtant, s’il est vrai que la pratique de la céramique est bénéfique pour la santé, (comme la pratique de tout art) et que le côté rustique fait des émules dans les cercles écologiques, le potier professionnel possède un savoir-faire très subtil, lui permettant de créer des œuvres d’art dans un éventail de styles très large, aussi bien rustique qu’avant-gardiste, en passant par toute la palette du design.

Le céramiste est un créateur qui doit faire face à des contraintes techniques très précises, car pour être solide, la terre doit être cuite à très haute température : entre 900°C et 1300°C, suivant les terres et les phases de cuisson.

Il existe de très nombreuses techniques, pour lesquelles il est nécessaire de réunir des conditions précises.

Les techniques du céramiste-potier

Les techniques de lustres et de terres sigillées par exemple, utilisent des terres de faïence, dites de basse température, car elles cuisent (se solidifient pour donner un tesson qui résistera à l’usure pendant des siècles) à une température de 930°C.

Ces terres de faïence ne doivent surtout pas être cuites à plus haute température, car passé 1050°C, elles fondent et se liquéfient. Ainsi la poterie de faïence cuite à trop haute température semblera s’être volatilisée dans le four, à l’ouverture de celui-ci !

Les terres de porcelaine (généralement blanches) et les terres de grès (généralement colorées) supportent les plus hautes températures. Mais cela n’empêchera pas d’éventuelles catastrophes si la cuisson ne suit pas un protocole rigoureux.

Un métier définitivement manuel

Au-delà de la force créative du potier, (sa capacité à imaginer une forme et à la reproduire de ses mains, ) une grande partie de son savoir-faire réside dans son habilité à éviter que ses pièces soient détruites ou déformées au cours des nombreuses étapes de fabrication des pots. Et il y a de nombreuses raisons pour que les choses tournent mal !

Si la terre n’est pas bien malaxée avant d’être tournée, des bulles d’air resteront piégées dans la terre. À la cuisson, l’eau contenue dans la terre se transformera en vapeur qui se glissera dans ces minuscules bulles d’air. Comme la vapeur d’eau prend plus de place que l’eau liquide, elle poussera contre la terre, et fera exploser la poterie. Si le four est bien rempli, comme c’est souvent le cas, en explosant les morceaux de terres toucheront les autres céramiques, qui seront elles aussi détruites. Ainsi une seule céramique tournée avec une terre mal malaxée peut détruire de nombreuses poteries, et réduire à néant des heures et des heures de travail ! Si une pièce de sculpture n’est pas bien évidée à l’intérieur, elle risque également d’exploser.

La cuisson de la matière

Une courbe de cuisson précise doit être respectée : monter en température à une vitesse déterminée au début, réduire ensuite une fois arrivé à une température dite « du point quartz », (quand la silice contenue dans la terre se dilate subitement, si la température monte trop rapidement, la poterie explose…)

Lorsque la terre cuit, elle réduit en taille. Quand un potier souhaite créer une pièce avec des dimensions précises, il doit donc calculer le taux de retrait de sa terre à la cuisson.

Généralement, une céramique doit être cuite deux fois : une première fois pour « biscuiter » la terre, c’est à dire la solidifier, puis une seconde fois lorsque l’émail a été posé sur la pièce. Deux cuissons, c’est donc deux fois plus de risques de « ratés » !

L’émaillage apporte lui aussi ses difficultés. L’émail est ce qui est posé sur le pot pour apporter la couleur, mais souvent aussi l’étanchéité, ce qui est très important lorsque l’on veut fabriquer des contenants. Contrairement à la peinture, l’émail avant d’être cuit n’a que peu de couleur. Il est blanc, voire légèrement coloré, mais d’une couleur très différente de celle qu’il aura après cuisson. Le potier doit donc pouvoir visualiser le rendu final sans le voir, un peu comme Beethoven qui à la fin de sa vie, composait de la musique sans pouvoir l’écouter…

Les produits du céramiste-potier

Mais pour compliquer encore les choses, les poudres de produits utilisés pour l’émail ne fondent pas naturellement à la température que peut atteindre un four de potier, 1300°C. Il faut donc avoir recours à un phénomène naturel appelé l’eutectique, qui veut que des produits de 3 catégories de pH différents, les neutres, acides et basiques, mélangés entre eux dans des proportions précises, font abaisser la température de fusion du tout. Pour trouver les proportions qui feront fondre les différents émaux, le potier doit alors se transformer en chimiste, faire de nombreux calculs moléculaires, et tester des centaines de recettes, pour retrouver ou inventer des couleurs.

La différence entre poterie et céramique

Les céramiques sont constituées de substances deviennent insolubles une fois chauffées. Contrairement à la poterie, toutes les céramiques ne sont pas faites d’argile. De plus, alors que la céramique est utilisée de nombreuses façons, la poterie est de l’argile qui a été transformée en un contenant hasardeux.

La céramique

Les mots céramique et poterie signifient bien souvent la même chose. Mais lorsque la céramique est utilisée pour désigner la poterie, elle est utilisée d’une manière particulière pour décrire un objet d’art ou artisanal.

Le terme céramique est très large et plus compliqué à définir. De plus, de nombreuses substances peuvent être classées comme étant des céramiques comme par exemple la brique, le ciment et les diamants.

La céramique est souvent définie en fonction de ce qu’elle n’est pas. C’est une substance inorganique. Être inorganique signifie qu’elle ne dérive pas de matière vivante et ne contient pas de carbone. En outre, elle n’est pas métallique.

Une autre façon de définir ce qu’est la céramique est de considérer les propriétés qu’elle possède. On dit des céramiques qu’elles sont réfractaires. Cela signifie qu’elles sont durables et peuvent résister à des températures élevées. Elles peuvent également résister aux produits chimiques ainsi qu’à la pression.

Ce sont aussi de mauvais conducteurs électriques. Aussi la plupart sont non magnétiques. La liste des propriétés a des limites car certaines céramiques se cassent facilement alors que d’autres céramiques sont beaucoup plus résistantes. Par exemple, une tasse de cuisine est fragile et se casse facilement, tandis qu’une couronne dentaire en céramique est particulièrement résistante

Les céramiques traditionnelles sont très cassantes. Mais à noter que les matériaux céramiques plus modernes qui contiennent des grains de silicium peuvent être plus durs et durables.

On peut dire qu’un matériau est devenu de la céramique une fois qu’il a atteint un état dans lequel il n’est pas soluble dans l’eau. Attention, être non soluble est différent d’être non poreux. Certaines céramiques sont poreuses. Par exemple la poterie en terre cuite est assez poreuse et absorbe facilement l’eau.

Le processus de qui consiste à devenir céramique s’appelle la vitrification. Vitrifier signifie se métamorphoser en verre ou en une matière semblable au verre. Lorsqu’un matériau devient de la céramique via un processus de chauffage, le verre se forme et vient lier le tout. C’est parfois une quantité infime de verre. Plus il y a de verre, plus la céramique sera non poreuse.

La poterie

Certaines personnes pensent que la poterie est une pièce en argile. Cela peut inclure des ornements comme des figurines par exemple. D’autres affirment que la poterie est un contenant hasardeux. Par exemple, un verre, un bol ou un vase en argile.

Dans l’usage populaire, les gens se réfèrent généralement à un objet en argile comme à un objet en céramique et réservent le mot poterie pour désigner un récipient ou un pot.

Les contenants de poterie peuvent être fabriqués via du matériel spécifique ou ils peuvent être construits à la main. Cela peut être fait en pinçant simplement ou en roulant l’argile à la main.

La poterie en terre cuite est réalisée à partir d’argile blanche poreuse et cuite à des températures plus basses. Lorsqu’elle est cuite à basse température, comme ce type, l’argile se vitrifie. Mais la vitrification n’est ici pas complète. Ainsi, la poterie reste donc poreuse.

Bon à savoir : lorsque la faïence est émaillée, la glaçure repose sur la surface de l’argile qui colle telle une couche distincte.

La poterie en grès est cuite à des températures bien plus élevées. En raison de la température particulièrement élevée, l’argile et la glaçure se mélangent pour créer une couche mélangée qui lui est propre.

Le grès quant à lui est également plus dense et plus résistant que la faïence. Un moyen simple de s’en souvenir est de se dire que la pierre est plus résistante que la terre.

La poterie en porcelaine a un aspect translucide voir délicate. Elle est fabriquée à partir d’une argile particulièrement raffinée et cuite à une température plus élevée que celle de la faïence et que celle du grès.

En raison de sa cuisson à une température élevée, elle est très dure et non poreuse. Elle a un aspect translucide car le processus de vitrification à des températures plus élevées est complet contrairement à d’autres. Cela signifie que la pièce en porcelaine a une qualité plus similaire à celle du verre.

Bon à savoir : il existe un désaccord entre les différentes écoles de pensée concernant la différence entre la céramique et la poterie. Certaines personnes utilisent les termes céramique et poterie de manière interchangeable. Mais certains artistes font une distinction entre les deux.

Mais ce qui ressort le plus est que la poterie est un sous-ensemble d’un ensemble plus large de matériaux appelés les céramiques et que la céramique a des applications bien plus larges.

Aussi, certains ne sont pas d’accord concernant ce qui compose la poterie. Certains affirment que la poterie peut inclure divers objets tels que des décorations. D’autres pensent que la poterie fait référence à des objets « conteneurs ».

Le métier de potier-céramiste en bref

Le métier de potier-céramiste est un métier manuel, certes, mais pas seulement !

Le potier doit savoir manipuler la terre, calculer des formules chimiques pour les poudres d’émaux, maîtriser le feu lors d’une cuisson au four à très haute température, manipuler le plâtre aussi pour préparer des moules et ainsi avoir une production rentable.

Les grands maîtres dans ce domaine ont des dizaines d’années de recherches et de techniques à leur actif. Ceux qui souhaitent en faire leur métier et en vivre, quant à eux, doivent suivre au minimum un an de formation à temps plein dans un centre de formation multidisciplinaire comme l’école Créamik pour connaître les bases de l’art, avant de continuer d’apprendre à force d’expérience au fur et à mesure des années.

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